Pourquoi ? mais pourquoi un blog ?

Carrefour est pour, Auchan méchant, Leclerc persévère... Tantôt jolies, tantôt aigries, les caissières de votre hypermarché favori vous inspirent de la pitié, du mépris, de l'indifférence? Vous vous demandez si les "bip!" de la journée résonnent dans leur tête la nuit? Vous vous en foutez? Vous voulez en savoir plus? Sont-elles payées à ne rien faire? Que font-elles lorsqu'elles ne font rien? et Pourquoi une des roues du charriot dit "f*ck!" aux trois autres?
Que vous a-t-on caché sur ce que vous savez déjà? Sur vos habitudes? Etes-vous un vrai client?
Vous pensez tout connaitre sur l'univers extraordinaire du scanner aux multiples rayons lasers? Vous faites très bien la différence entre une batavia et une scarole? Alors faites chauffer la carte bleue, feuilletez votre chéquier pour vous assurez qu'il vous en reste quelques-uns, détachez votre caddie de celui qui le précède, et préparez vous à déchanter comme jamais vous n'avez chanté! Avec vos yeux, vos oreilles et le bout de vos doigts ! Passez donc du côté obscure de la caisse, où rêve et réalité vivent en harmonie comme le salade-tomate-oignon d'un sandwich kebab...
Parce qu'Internet le vaut bien et que le monde part en vrille, un ex-caissier aux chromosomes XY vous fait découvrir ses chroniques complètement à l'ouest!
Suivez le guide!
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Vous l'avez pris où? (1/2)

Il y a ces petites choses désagréables dans la vie, qui vous arrivent à peu près tous les jours mais que vous ne remarquez presque plus, je veux parler de la chaussette trouée, du collant filé, du manque de sel dans la purée, du collègue qui vous grille à la machine à café, des infos qui vous rabâchent la mort d'une personne décédée, ou encore de ce paquet de lait pas tout à fait vide mais qui, à quelques gouttes près, nécessite l'ouverture d'un nouveau paquet... il y a tout ça... et puis il y a... L'Article qui ne Passe Pas.

Selon de nombreux instituts de sondage véreux vendus corps et âme à la cause politique, ce désagrément technique à la caisse apparait clairement comme étant LE mal qui gangrène le plus la vie des français, loin devant les Feux de l'amour. Pas étonnant qu'en 2010 ce problème soit à lui seul la cause de pas moins de 150 000 divorces, 2600 attaques à main armée, 18650 prises de RTT, et 1260 épisodes de Plus Belle la Vie...

A chaque passage en caisse, il est fréquent que tout un chacun appréhende cet instant funeste où la caissière se rend compte qu'il n'y a pas de code barres sur un produit, ou lorsque retentit ce bip caractéristique émanant de la caisse indiquant que le produit scanné est inexistant... Parce que quand cela vous arrive, alors c'est tout votre monde qui s'effondre, et la mort du Roi de la Pop n'est que pipi de chat à côté de cette catastrophe. Dans un moment de lucidité vous vous dites "pourquoi moi? et pourquoi sur une boite de préservatif? Je n'ai pourtant pas voté Sarkozy!", persuadés que ça n'arrive qu'à vous... mais non... 300 victimes dans la journée en moyenne, vous n'êtes jamais seul à morfler...

Plusieurs tentatives. Un passage, deux passages, trois passages, rien à faire, le produit s'obstine à ne pas vouloir passer... La caissière n'a plus qu'à décrocher le précieux téléphone et à composer le numéro qui fera surgir des abysses du magasin la seule personne en mesure de mettre un terme à ce chaos, Le Roller!

à suivre...

Quand ça ne passe pas, ça casse les bonbons,
Vous consommez, Nous encaissons.

CLIENT suivant !

Top! Flop!

Le tour de France reprend du service, les fabricants de seringues et autres entreprises pharmaceutiques prennent instantanément 20% à la bourse de Paris, et ça ne m'explique toujours pas d'où provient cette étrange citation aux accents diaboliques: "Miska Moska Mickey Mouse!"...


Alors que l'on s'apprête à lancer sur la ligne de départ une armée de cyclistes au sang modifié, dont les performances cybernétiques vont une fois de plus émerveiller la France qui se lève tôt et s'endort devant France 2, c'est l'occasion pour nous de poser LA question qui taraude les français, et les plonge régulièrement dans cet océan de dubitativité dont ils n'arrivent à émerger qu'avec l'aide d'un épisode de docteur House: Combien d'articles à la minutes une caissière peut-elle scanner, sans l'aide d'aucune injection de produits stupéfiants?

Avant de répondre à cette question et de rendre ainsi hommage à celui qui prendra le départ du Tour de France vêtu d'une combinaison Arena Power X-Glide persuadé qu'il échappera ainsi aux lois de la physique à l'aide d'une tenue non homologuée pour nager dans l'eau, j'aimerai moi aussi poser au monde une question de la plus haute importance: Pourquoi ?
La réponse est évidente, mais pas tant que ça...

Mais pour en revenir aux histoires d'articles à la minute, je dirais que c'est une interrogation qui à coup sur exige l'anecdote, nécessite l'anecdote, pousse à l'anecdote, force l'anecdote, et cette anecdote, la voici...

Le nouveau patron de caisse de l'époque, une espèce de sergent chef à la coupe moquette parfaitement taillée dont j'ai déjà eu l'occasion de parler il y a quelques temps, avait fait scotcher un très intéressant morceau de papier au dos de la porte du local caisse. Tel un Sarko schyzo cherchant constamment à opposer France qui travaille et France qui profite, le chef de caisse s'était mis en tête d'opposer chez les caissières celles qui baillent et celle qui scannent vite. Au mépris de tous les engagements du grenelle de l'environnement, il avait pris l'étrange initiative d'afficher à la figure des travailleurs ingrats que nous étions, ce qui n'était ni plus ni moins qu'un classement du nombre d'articles scannés à la minute par tête de bétail. Avec identification par matricule. S'en suivirent alors les conclusions qui vont bien. La 108 fait de la peine, le 146 est à la traine, la 117 est une flèche, la 215 fait de la lèche, la 223 est une brêle, la 152 fait du zèle... Mortel!
C'est sûr, depuis sa caisse numéro 38, Gisèle la championne et ses 30 références à la minute donnait absolument tout ce qu'elle avait, tout en rêvant secrètement d'être un jour promue en caisse 31. Tandis que Thierry l'étudiant en chimie qui scannait d'une main tout en faisant du texto de l'autre stagnait désespérément à 15 articles, raclant par la même occasion le fin-fond du précieux listing...

Quel beau cadeau qu'on nous avait fait là!
Mais heureusement, cette abomination radioactive de feuille au format A4 n'était affichée de manière très ostentatoire "Qu'à titre purement informatif!"
D'ailleurs, pour le prouver, dans le coin supérieur droit du top 50 on pouvait lire:
Plus de 20, C'est le Top!
Moins de 20, C'est le Flop!

Si avec tout cette misère affective on avait pas désormais toutes les raisons du monde de souhaiter au sergent de finir étouffé dans son caca, c'est surement que nous étions sous l'emprise d'un quelconque produit dopant.

Stéroïdes, EPO, et faux échantillons,
Vous consommez, Nous encaissons.

ClIeNt SuIvAnT !

Louise

Cheveux poivre et sales, Louise a la tignasse d'une femme de 105 ans. Son visage en parait 35, mais ses conversations font définitivement d'elle une femme mure. Elle aime parler du temps qu'il fait quand il fait moche, elle affectionne les échanges politiques façon comptoir de PMU, Chirac est un escroc... les politiciens? tous des voleurs. Comme quoi les explications les plus simples sont souvent les meilleures. Strictement incollable au top 50 des tâches ménagères, elle m'a souvent conseillé sur le nettoyage de mes habits, où comment ne pas laisser persister sur mes chemises l'ombre d'un faux pli, volant parfois au secours de mes nœuds de cravates, me voyant face à cette épreuve complètement démuni... Hasard de la vie, Louise arrivait toujours au travail accompagnée d'un sourire éclatant, tiroir caisse sous le bras, elle devait laisser imaginer au commun des mortels qu'elle exerçait le plus beau job du monde. Tandis qu'à quelques mètres de là, une demi douzaine de caissières se ferait volontiers arracher violemment 2 ou 3 molaires si cela pouvait leur permettre d'être ailleurs qu'à leur poste de travail, Louise, quant à elle, se dirigeant vers sa caisse, transpirait la joie de vivre des Ingalls, la bonne humeur de Dr Quinn, et la sueur d'une femme qui transpire.
Louise n'aurait jamais recalé un client à qui il aurait manqué 1 centime, elle n'aurait certainement pas refusé un paiement en espèces à une caisse réservée carte bleue, elle aurait toujours trouvé une issue diplomatique aux conflits inhérents à la fameuse caisse prioritaire...
Individu lambda parmi la foule, mais spécimen sigma des plus improbables dans l'océan des caissières aigries, elle avait le respect du client, l'amour des enfants, la patience de l'éléphant, et une haleine de chacal de temps en temps...

Un beau jour de mars, comme il ne peut en exister qu'un seul et unique dans une vie, bafouant le protocole, Louise part en pause, laissant à sa caisse son tiroir contenant les recettes de la matinée. 9 minutes plus tard, de retour à son poste de travail, pauvre femme! C'est le drame! Vide comme le désert du Kalahari, résonnant comme le cerveau d'Ève Angeli, durant son absence, le tiroir a manifestement subit un nettoyage minutieux et précis.
Le monde est sans merci.
Ce qui n'empêchera pas Louise de se faire remercier.


Vous consommez, Nous encaissons.

client SUIVANT!

Un soupçon de culture dans un monde insoupçonné

Code à barres/Gencod

Ayant dores et déjà à son actif le traumatisme de plusieurs générations de consommateurs aguerris, appauvrissant les plus pauvres, enrichissant les plus riches, il est le symbole absolu de nos sociétés mercantiles. Son faciès désagréable le relègue souvent au dessous des emballages, face contre terre, ou au dos des boîtes, dans le meilleur des cas, toujours à l'opposé du regard des gens. Il travaille ainsi dans l'ombre de la face cachée de vos produits préférés, le teint blafard, l'air glauque, le ton monotone, nageant le plus souvent dans une harmonieuse alternance de noir et de blanc. Lorsqu'en classe on l'appelle par son code, il est toujours le seul à répondre, car il a la particularité d'être unique. Défiant les lois de la physique, le code barres est chic! Mais pathétique, il vous pousse à lâcher du fric!

Voyant que dans sa froideur il y avait un hic, des Japonais ont eu une idée fantastique, apporter à ce symbole glacial et cynique, la valeur ajoutée délurée d'une touche artistique...
Voilà le genre de choses que l'on peut trouver sur certains produits au pays du soleil levant:
source: darkroastedblend.com

C'est tout pour aujourd'hui.

De la culture pour pas un rond,
Vous consommez, Nous encaissons.

CLiEnt suiVaNt!

Rideau de fer

Lundi matin. 1h25 à Vera Cruz, 8h25 à Paris.
H-5 minutes avant l'ouverture de l'hyper.

Une horde de charriots affamés colle le rideau de fer encore baissé de l'entrée principale du magasin. L'instant est irréel. C'est à croire que tout se joue à cet instant précis, le score du prochain OM-PSG, le sort des otages colombiens, la famine en Afrique, les guerres, le trou de la sécu, tchernobyl, le retour d'Evelyne Thomas à la télé...
Moyenne d'âge, la cinquantaine. On sent bien que le charriot n'est pas seulement là pour porter les courses.

C'est alors qu'une voix retentit dans les profondeurs:
Pssshhhhhht... Il est 8h30, votre magasin ouvre ses portes, toute l'équipe est heureuse de vous accueillir et vous souhaite une agréable journée.... Pshhhhhtttt.

D'un mouvement si bien coordonné qu'on croirait qu'il a fait ça durant ces 200 dernières années, un agent de sécurité congolais tourne une clé sans papier dans une serrure certainement en situation irrégulière.
Le rideau métallique commence alors sa lente ascension, à base d'un centimètre par seconde. Les clients n'en peuvent plus d'attendre. Les plus souples commencent à se glisser sous le rideau alors qu'il n'est levé que de 5 centimètres, les autres suivent. Dans un flot continu d'une durée de quelques minutes, tout ce beau monde se déverse alors à l'intérieur du magasin, se faxant de l'autre côté comme le ferait une mauvaise odeur passant sous la porte des toilettes un jour de diarrhée aiguë.

Début des soldes? Veille de Noël? Pas vraiment non...
Plutôt une journée comme les autres.

Les clients les plus rapides passeront en caisse seulement quelques minutes après être entrés dans le magasin, une baguette à la main. Apportant ainsi à la caissière ses premières aigreurs matinales, en lui renforçant encore un peu plus son sentiment de sénilo-phobie.
Oui, oui, la caissière n'affectionne pas particulièrement les personnes du 3ème âge. Paradoxalement, elle leur en veut à la fois de se pointer le matin pour acheter 2 articles qui se battent en duel (ils ont vraiment rien à foutre ces retraités), mais aussi de venir faire leurs courses lors du rush du samedi après-midi (ils ont tous les autres jours de la semaine, pourquoi ils viennent nous faire chier un samedi?).

Tout à fait, vous l'avez bien compris, une caissière, c'est avant tout cosmique et multi-proportionnel.

De bon matin, pour une baguette ou quelques bonbons,
Vous consommez, Nous encaissons.

client suivant!

146

Non, 146 n'est pas le nombre de fois où l'on m'a demandé si la célébrité était dure à vivre... (on me l'a demandé beaucoup plus souvent que ça...)
Ce n'est pas non plus le niveau atteint au sismographe de la honte par les clients qui passent en caisse avec une boîte de préservatifs et une salade en camouflage... Non, non...
Rien à voir également avec le nombre de fois où le chef des caisses s'est fait traiter d'enfant de fennec puant... Absolument pas... (254641)
Non, en fait, le 146, c'était mon identifiant de caissier. Mais c'était avant tout un art de vivre, un état d'esprit, c'était mon numéro, mon blaze, mon fils, ma bataille...

Mardi 8h30.
S'il nous prend l'envie folle de passer en revue l'ensemble des troupes de la ligne de caisse,on obtient quelque chose comme 14 Stéphanie(s), 8 Delphine(s), 5 Audrey(s), 7 Aurélie(s)... bref, un déluge de banalité prénomiale (oui je sais) comme il n'en existe que chez les auteurs de blagues carambar. Heureusement, toute cette hystérie monotone est rayée d'un seul trait par l'ingénieuse association à chaque caissière d'un numéro unique, identifiant parmi les identifiants, anonymizeur de prénoms communs, une touche de glamour dans un monde de brutes.
De cette façon, malgré une évidente violation des droits de l'être humain en tant qu'animal évolué, il ne subsiste alors plus aucun problème de quiproquo d'amalgame en sinéquanone au moment de la distribution des caisses lors de la prise de service, ou à tout autre moment de la vie de caissière où une identification stricte et rigoureuse est nécessaire.
Delphine A. devient 105, Delphine G. est promue 158, Aurélie L. s'octroie un 215, tandis qu'Aurélie D. subit les railleries de son 118.
Comme vous suintez d'envie de le savoir, et que vous êtes des gens biens, voici en exclusivité mondiale et vu de l'intérieur à quoi ressemble une prise de poste dans ce contexte numérologique(attention ça va vite!):

Caissière principale (la chef) : - Bonjour.
Caissière principale: - Allé on se dépêche, y'a du monde...
Caissière principale: - 142?
Caissière 142: - Oui ?
Caissière principale: - 41.
Caissière 142: - Ok.
Caissière principale: - 172?
Caissière 172: - hmm ?
Caissière principale: - caisse 25. caisse prioritaire...
Caissière 172 (l'air glauque): - pfff... encore ?
Caissière principale: - 108?
Caissière 108: - oui ?
Caissière principale: - 31, caisse cartes... (pas de paiement en espèce à cette caisse, la tranquillité assurée!)
Caissière 108 (avec un rictus): - YES PAPA !! jeu de jambes !!!
...
Et la grande loterie du matin continue ainsi jusqu'à ce qu'il n'y ait plus de numéro à distribuer...
Les caissières partent alors en direction de leur poste de travail, certaines en trainant les pieds comme si elles se dirigeaient vers la mort, d'autres en trainant les pieds comme si elles se dirigeaient vers la mort...
La prochaine fois qu'elles entendront prononcer leur tendre numéro, ce sera pour se faire expédier en pause... tendrement.


Vous consommez, Nous (146,125,254,147,...) encaissons.

Client SuIVanT!

PS: Comme il pourrait nous prendre l'idée étrange d'imaginer un JT sans nicolas sarkozy, on pourrait aussi se dire que j'en rajoute des plâtrées sur le glauque de la situation, et que tout n'est pas si noir dans la vie d'une caissière. C'est pas faux.

Le saviez-vous ?

Les "Rollers", sont de drôles de gens qui parcourent le magasin à toute vitesse, au péril de leur vie, pour rapporter à la caissière l'information cruciale dont elle a besoin. Un article qui ne passe pas? Un caissier en manque de petite monnaie? Un prix en caisse scandaleusement différent de celui qui est affiché en rayon? Une invective verbale entre une hôtesse de caisse et un client alcooliquement éméché dont les avances viennent de se faire gentiment recaler? Ou tout simplement une envie de combler un gros gouffre affectif? Non seulement le roller sera l'homme(parfois la femme) de la situation, mais, de surcroît, comme son nom l'indique, le héros des héros possède l'avantage non négligeable de circuler comme le vent à près de 250Km/h sur des rollers, souvent customisés, qui l'emmènent ainsi d'un bout à l'autre du magasin en moins de temps qu'il n'en faut pour se mettre à haïr eric zemmour.

D'ailleurs, saviez-vous qu'en fin de journée le roller peut encore sentir des fourmis dans ses jambes, du fait des vibrations causées par les joints du carrelage ?

Vous consommez, Nous encaissons.

cLieNt sUiVant!

Agitant le neiman ou choyant les sabots (2/2)

Un beau jour de février, qui ressemblait plutôt à un mauvais jour de décembre, j'eus la naïveté perverse de m'imaginer que je passerais ma journée de caisse sans l'ombre d'une barre de rire. Sans problème, sans galère ni artifice, une journée pépère avec distribution rationnée d'un "Bonjour" et d'un "Au revoir" par client, afin de minimiser les clashs, optimiser mon haleine et gérer mes pauses pipi (oui, ce sujet revient souvent, mais on ne sait pas ce que c'est tant qu'on a pas essayé). Mais tant va l'autruche à l'eau qu'a la fin elle se noie la bougresse. Enfonçant mon rouleau thermique dans l'imprimante en sifflotant du Scatman, j'étais loin d'imaginer ce qui allait suivre...


Quelques années auparavant, un homme du nom de James Dyson inventa le premier aspirateur sans sac, sensé libérer l'usager des frais engendrés par l'achat régulier de sac en papiers pour aspirateurs traditionnels. Il rassura cependant la population en leur jurant que ça ne changerait rien pour leur environnement, que la saleté engendrée terminerait tout de même dans un coin du tiers-monde. On est pas des bêtes. Malgré le cout de fabrication bon marché de son invention, assemblé dans un coin reculé de Malaisie, où poussent chaque jour des milliers de petits travailleurs potentiels payés mais aussi frappés au lance-pierre, le prix de vente de l'aspirateur s'est très vite avéré être inabordable pour le commun des mortels, cantonnant la présence du précieux appareil dans les foyers d'une élite de banquiers fortunés que la crise finirait d'assécher quelques années plus tard.

Bref, par cette journée de février, alors que je commençais à peine à tournoyer sur ma chaise profitant d'une accalmie dans les rayons, se présentent à ma caisse un couple de gens d'une population que je n'oserai citer, et ce pour des raisons évidentes de sécurité à la fois corporelle et matérielle (j'ai une famille !). Ces deux personnes ont visiblement décidé de s'offrir l'aspirateur en question. Et là, Mes yeux se plissent et je dis "Stop ton vice !". Mais les apparences sont trompeuses. Ni une, ni deux, ni trois d'ailleurs, je saisis la boite de l'aspirateur qu'ils me tendent à bout de bras afin de scanner son code-barres plaqué-or, ce que mes bras puissants me permettent de faire avec beaucoup d'aisance malgré ce que pèse l'or massif. S'affiche alors à l'écran de ma caisse un intitulé tellement barre-de-rirogène que je vais de ce pas le partager avec vous:
Poêle carref. 15.00 €


Feintant l'air étonné, comme l'excellent acteur que je suis, j'indique aux clients avec un maximum de classe (certains diront que j'ai fait du zèle ce jour là) qu'il y a visiblement une erreur sur le prix, et que si cet aspirateur est bel et bien à 15 euros, je veux bien en acheter pour toute l'Afrique (histoire de donner aux populations meurtries l'occasion de se venger). C'est alors que le mari s'avance vers moi, le faciès aussi coupable que pourrait l'être un pédophile jouant dans la piscine à boules du macdo un jour d'anniversaire, pour m'annoncer que si l'aspirateur est plus cher que ce qu'affiche ma caisse, ils n'en veulent pas. Vicieux comme je le suis aussi, et comme j'affectionne à le rester, je décroche mon téléphone pour appeler le roller afin qu'il vérifie le prix de l'article. "A ce prix là, c'est vraiment une affaire! On va quand même vérifier, c'est peut-être bien vous qui avez raison!". Leur dis-je.
Alors que petit à petit commençaient à perler sur son front les gouttes de la honte et du mépris, le client m'invita, avec un soupçon d'agacement, à raccrocher mon téléphone, m'assurant qu'il avait changé d'avis et qu'il n'en voulait plus! Je finis, grand seigneur, non sans un soupir de satisfaction, par reposer mon téléphone à sa place.
Ce jour là, ils ne sortiront du magasin qu'avec un petit paquet de chewing-gum...
sans sac...


Zèle quand tu nous tiens, l'amour de la profession,
Imprimante dernier cri, et Code-barres en contrefaçon,

Vous consommez, Nous encaissons.

cliEnt suiVant!

PS: R.A.S.? Tu vois toujours rien dans le titre ?

Agitant le neiman ou choyant les sabots (1/2)

Par un mécanisme très bizarre qui échappe encore à l'espèce humaine, et à fortiori aux concurrents de la nouvelle star, le seul fait de rester dans une pièce sans rien y faire du tout (sauf peut-être un mariokart), provoque l'accumulation progressive à même le sol d'une étrange substance nommée "poussière". Cette même substance, lorsqu'elle est présente en quantité suffisante, génère à son tour une armée de petits corps non identifiés intitulés "saleté". Cette union donne alors naissance à l'avènement d'une nouvelle race que l'on connait sous le nom de "crasse", dont le sombre dessein se résume à préparer le terrain pour l'arrivée d'une nation mutante et velue de gênants envahisseurs appelés "détritus".
Conséquence de cet enchainement maléfique, et contre toute attente, les sols devenant très gras sont alors propices à l'exercice du moonwalk, qui s'effectue dans ces conditions avec une aisance et une simplicité sans pareil.

Un beau jour d'une année bissextile qui ne demandait rien à personne, un certain "Rator", Aspi de son prénom, qui n'en pouvait plus de voir les accords de kyoto violés et bafoués sans cesse par des danseurs de moonwalk de plus en plus nombreux, décida d'inventer un appareil génial. Ce bijou d'électronique made in Bangladesh mettrait alors un terme au déluge de performances douteuses d'une jeunesse décadente, en permettant la collecte automatique et sans effort des nuisances poussiéreuses dans un réceptacle magique, pour ensuite les déverser sur l'Afrique, où la population, trop pauvre pour s'acheter des chaussures, n'aurait aucune chance de pratiquer l'abjecte déhanchement.

Des années se sont écoulées. Seuls quelques individus polémiques sont encore en mesure de marcher à reculons, tandis que les aspirateurs ont envahit la surface du globe, laissant l'Afrique dans le dénouement le plus total, croulant sous les détritus de l'indifférence...

à suivre...


Poussière, saleté, crasse, tu connais la chanson,
détritus, miettes et godasses,
Vous consommez, Nous encaissons.

ClienT SuivanT!

PS: comment ça le titre du billet contient un message codé ?

Aux frontières du réel

Un jour, un illuminé m'a dit: "Quand ce que tu vois te donne l'impression de rêver, c'est peut être parce que tu rêves".
Une phrase mémorable, quoique bateau à la puissance 10, à laquelle j'ai quand même bien envie d'ajouter ça: "Quand tu crois rêver mais que tu ne rêves pas, Comment ça déchire sa mère un truc de ouf!!!".

Et ce jour là, alors que tout semblait prouver le contraire, une chose est sure, j'étais loin, très très loin de mon lit douillet.

Une question pour la route:
Qu'y a-t-il de pire qu'une caissière aigrie ?
Réponse, une caissière aigrie au chômage.
Qu'y a-t-il de pire qu'une caissière aigrie au chômage ?
Réponse, une caissière aigrie qui devrait être au chômage mais qui continue à suinter l'aigreur...


Samedi, 15h14.
La marrée est montante. Je reviens tout juste de ma coupure de 45 minutes, et comme beaucoup des miens, j'ai mangé dans l'urgence. Au menu, un sandwich, 3 conversations, et 2 morceaux d'émissions 4 étoiles du samedi. Ce qu'il faut savoir sur la télévision de la salle de pause, allumée en permanence, c'est qu'elle voit défiler tout le personnel du magasin, à mesure que s'écoulent les heures, que se sirotent les cafés, que se consomment les sandwichs, que se propagent les ragots. Cette télé a un pouvoir particulier, tout le monde la regarde, quoi qu'elle diffuse. Une énième rediffusion de la petite maison dans la prairie ? Aucun problème, l'audience est médusée. Dans cette salle de repos, on croise nos collègues, on passe avec eux des instants privilégiés qui peuvent invariablement durer 2 minutes, 5 minutes, 15 minutes, 30 secondes, ça dépend. Pourquoi ça dépend ? Tout simplement à cause de la manière totalement anarchique avec laquelle fluctue le moment de nos décrochages respectifs, soumis aux aléas de la congestion aux caisses du magasin. (nos pauses dépendent du monde en caisse quoi. Oui, j'aime me la raconter sévère avec des phrases inutilement compliquées, et qui servent à rien).

Bref, je quitte la salle de repos (j'y ai laissé 2 gros durs en train de regarder Bob l'éponge...), je descend 2 par 2 les marches de l'escalier qui me ramène au bruit, aux odeurs, et à l'aveuglante lumière des néons. Je pointe sans tarder. Je récupère mon tiroir. Placement de caisse aléatoire. L'après midi peut commencer.
J'arrive juste à temps pour renforcer une armée sur le point d'être submergée, et ainsi éviter le chaos d'un rush déjà bien en place. (le "rush", c'est la "ruée" des clients, comme dans "la ruée vers l'or", sauf que là, ceux qui se ruent, le font pour payer!). Mon cadeau du jour, c'est la caisse moins de dix articles, avec toutes les options habituelles: festival de petite monnaie, et ses concours de calcul mental, consommation record de rouleaux d'imprimante, raz-de-marée des formules de politesse pour de faux... Bref, tout le confort moderne...

Et le petit bonus du jour, c'est Gisèle.
Je connais mal Gisèle, une caissière assez âgée, arrivée il y a quelques mois, qui me tient compagnie pour l'après midi, mais dans quelques minutes, j'allais en savoir bien d'avantage sur le personnage. Alors que le flot de clients s'écoulait gentiment d'un bout à l'autre de la caisse, comme les perles d'un collier (qui en compte beaucoup trop!), vient alors à la caisse de Gisèle le tour d'une dame qui serait probablement restée chez elle ce jour là si elle avait su que quelques tomates dans un sachet plastique lui aurait value d'être traitée de...
"Menteuse!" sous-entendit Gisèle. "Ça m'étonnerait qu'il n'y ait que 300 grammes de tomates dans ce sachet! c'est beaucoup plus lourd que ça! je le vois bien!".

L'impossible est arrivé. La caissière (audacieuse, courageuse, suicidaire...) soupçonne la cliente d'avoir rajouté des tomates après avoir fait peser le sachet à la balance. Chose qui est probablement monnaie courante vu la facilité du processus, et la faible probabilité de se faire prendre. Mais tout cela c'était sans compter sur le zèle en acier inoxydable d'une caissière à qui, visiblement, on ne la fait pas !
Très vite, c'est l'attention de toute la file d'attente, dans sa nature voyeuse et avide de problèmes sociaux, qui est focalisée sur le lieu du drame. L'audience est indignée, la cliente est humiliée, la caissière est sur le point de se faire virer. Le roller retourne peser l'objet du crime. Puis le verdict tombe, comme une braise dans la poudreuse, parfaitement rectiligne, aucune résistance ne s'oppose, la vérité est là, et elle est douloureuse pour notre caissière! Mais le mal est fait... et la cliente jura alors qu'elle ne remettrait plus jamais les pieds à l'endroit où son honneur fut bafoué et sa dignité piétinée, comme une tomate pourrie un jour de marché...

La chef de caisse, qui a appris le matin même qu'elle devenait grand-mère, gracia Gisèle la zélée, en ne lui donnant qu'un avertissement.

C'est fou, non ?
Ça fait rêver, n'est ce pas ?
Mais quand tout semble contradictoire dans ce que nous observons, que tous nos codes s'effondrent subitement comme un château de cartes fidélité, et qu'à ce point le rêve ressemble à la réalité, commence être sûr qu'on est bien éveillé?


Quand le cauchemar c'est la suspicion,
Vous consommez, Nous encaissons.

cLiENT SUIvant !

Votre quart d'heure de gloire

pssshhhhhttt...... Il est 21h45... votre magasin ferme ses portes dans 15 minutes... nous prions notre aimable clientèle de bien vouloir se diriger vers les caisses... merci... pssshhhhhttt......

Voila pour la version officielle. Maintenant, voici ce que vous devez comprendre
:

pshhhfuuuuckkk...... Il est très précisément l'heure à laquelle vous devriez être en train de récurer les oreilles de vos enfants avant de les envoyer se coucher... au lieu de cela, vous arpentez les allées du magasin à la recherche d'une improbable marchandise, trainant les pieds comme si vous visitiez le musée du Louvre, vous vous arrêtez 10 minutes sur chaque pot de yaourt afin de vous assurez qu'ils sont sans conservateur, et, lorsqu'enfin vous en tenez un, vous pénétrez au plus profond de l'armoire frigorifique pour tirer celui dont la date est la plus éloignée, abandonnant les autres pots de yaourt à une poubelle certaine... les rats se feront un plaisir... Chers clients, Vous possédez un esprit on ne peut plus logique et savez donc que plus votre charriot est rempli et plus il lui faudra du temps pour se déverser d'un bout à l'autre de la caisse, et pourtant, à 10 minutes de baisser le rideau, ignorant le charlot en rollers qui tente désespérément de vous ramener à la raison, à la maison,(il a raison!!!) vous continuez inlassablement à faire grincer l'armature métallique de votre caddie en lui faisant avaler tout et surtout n'importe quoi, il aime ça... A votre passage en caisse, votre "Everest" de marchandise sera tellement imposant que toutes les caissières fuiront votre regard comme la peste de peur d'être choisie, et celle que vous élirez souhaitera ne s'etre jamais réveillée ce jour là, sachant qu'à cause de vous, ce soir là, elle fera des heures sup, tout en gagnant à peu près exactement là même chose qu'en finissant dans les temps...
En certaines circonstances nous haïssons notre aimable clientèle, en d'autres, nous lui souhaiterions une longue agonie, rêvant de la voir s'étouffer sous les tonnes de marchandise qu'elle consomme........ et pourtant nous l'aimons....
C'est pourquoi, malgré tout, Nous remercions notre aimable clientèle d'avoir fait en sorte qu'une fois de plus, nos enfants puissent se coucher ce soir avec des bougies dans les oreilles.... fuuuuuckkkkshhhhtttt......


pshhht.....Vous consommez, Nous encaissons.......pshht.......

CliEnt SuIvaNt !

Scanner meurtrier

354 euros et 25 centimes. Ça, c'est la fin de l'histoire...
Parlons maintenant du début...
Fin d'après midi. Après une dure journée à squatter les bancs de la fac, telle une élite spartiate sur le point de se faire anéantir par un Xerxès à la tête d'une armée d'un million de clients prêts à en découdre, les étudiants caissiers prennent leur service. Avé César! Ceux qui vont nourrir te saluent!

L'étudiant à mi-temps arrive au travail avec ses 5 minutes syndicales de retard quotidien, c'est la règle. Mais il a une excuse en béton armé, enfiler sa tenue de travail, ça prend du temps! Alors tandis que les uns maîtrisent parfaitement l'art du débraillé (l'uniforme fourni par l'enseigne est bien là mais on sent bien que chaque étudiant y a apporté son petit quelque chose de "rébellion"), d'autres ont jugé bon d'arborer sur leurs chevilles les couleurs de la marque à la virgule, histoire de faire une fois de plus s'époumoner du chef de caisse, s'égosiller de la caissière principale, s'ouvrir les veines du directeur de magasin, ou encore kiffer à mort tous les copains... en vain... Une fois encore, au mépris de toutes les conventions internationales sur les armes bactériologiques, le jeune est rebelle, et les téléphones portables ne vont pas passer par la case "vestiaires"...
Quant à moi, les 8 heures d'informatique traumatisante de la journée sont déjà loin, mon esprit déglingué est également sur le point de kiffer une soirée 4 étoiles à scanner du petit pot pour bébé, à refouler des centaines de bons de réduction périmés, à chercher quelques milliers de codes barres bien dissimulés... pitié...
Avec sa chemise tirée à 256 épingles et sa coupe de cheveux parfaitement ajustée, le chef de caisse, dans son inspection minutieuse du personnel étudiant, jette un oeil rapide à ma barbe de quelques jours, puis, par un ton dénotant l'amitié, genre "non, non, je ne suis pas complètement un enfoiré", l'homme me glisse ces quelques mots: "Tu vois petit, toi au moins tu te rases avant de venir", 2 minutes auparavant, un certain Romain venait de se faire mettre à la mende pour quelques poils récalcitrants et disgracieux qui s'insultaient les uns les autres. Mais ce que le chef ignorait, c'est que si mes poils de barbe m'avaient fait l'honneur de pousser en temps, en heure et en quantité, je serais certainement, comme Romain, du nombre des "mis à la mende"... Ça a du bon la puberté à 22 ans...

Printemps déjà bien entamé, il est 19h00 et pourtant le soleil est encore bien là. Malgré l'heure tardive, la température avoisine les 24°. 10ème sac de charbon vendu en une quinzaine de clients, mes mains ressemblent à celles d'un mineur de fond, le grisou en moins, le client en plus. Pour accompagner le combustible, viandes en tout genre et bière comme s'il en pleuvait... tout cela a un prix, c'est la crise, mais qu'importe... Les tenues sont légères, sandales et tongs ont commencé leur long calvaire estival à supporter les effluves de leur porteur, tandis que s'avance vers ma caisse et moi-même une femme d'une quarantaine d'année, vêtue d'une espèce de toge en lin du Pérou, coiffée d'une espèce de salade en batavia d'Espagne... La dame me dit "Bonjour", je lui répond "Bonsoir", elle me répond "Bonsoir...", je ne lui répond rien, elle ne me répond rien non plus... Elle me tend un couvercle en plastique, j'ai du mal à comprendre. A-t-elle consommé à l'intérieur du magasin les 850g de bananes BIO, provenance Côte d'ivoire, dont elle me tend l'emballage, comme on consomme un début de baguette pour calmer une faim subite ou qu'on entame un paquet de gâteaux pour calmer des gosses bien relous??? Pas le temps pour moi de lui demander ce qu'elle avait fait de ses bananes que tombe alors LA réplique qui allait faire que 4 ans plus tard je me souviendrais encore des méandres tortueusement mal coiffées de sa tignasse brune: "Je vous passe seulement les couvercles, pour ne pas qu'ils soient irradiés par les rayons du scanner". Mais c'est qui "Ils" au juste?? Des rescapés de tchernobyl?? Les protagonistes du nouveau Spielberg??? Une banane en provenance de côte d'ivoire??? Ok, Ok... j'ai capté le délire... Encore un de ces moments où on est sur le point d'ouvrir sa bouche, pour finalement la garder bien fermée... à quoi bon?
8 couvercles plus tard et une soixantaine de produits issus de l'agriculture biologique au compteur, notre amie ultra-BIO-psychopathe laserophobe s'apprête à débourser 354 euros et 25 centimes... Sans doute le prix de la sécurité alimentaire... ou encore les honoraires d'un bon psychiatre...


Vous aimez les légumes, Nous scannons leurs emballages. A mort les radiations!!!
Vous consommez, Nous encaissons.

CliEnt SuIvaNt !

Repassez, Madame, s'il vous plait !

Vous êtes vous déjà fait fouiller ou palper par un agent de sécurité pendant votre visite hebdomadaire à votre caissière favorite? Jamais? Ça vous rend triste? Zaho trouve ça "chelou", tandis que vous, vous trouvez ça "relou"? Vous aimeriez, au moins une fois dans votre vie, sentir sur vos flancs la délicate caresse du geste précis du vigile habile, cherchant sur vous une éventuelle marchandise que vous auriez subtilisée aux rayons du magasin sans la payer? Eh bien rêvez toujours, ça n'arrivera pas !

Respiration lente, regard dans le vide, il se tient là, à quelques mètres des caisses, à quelques mètres de vous, debout, bras croisés, rêves brisés, impassible, bercé dans l'accoutumance par la nuisance des sonorités musicales d'une galerie marchande qui voit passer, chaque jour, un millier de ses aller-retours. Qui sait à quoi pense l'agent de sécurité lorsque, traversant le vide, son regard se perd, ça et là, atteignant des cibles improbables? Tantôt par les formes généreuses d'une cliente ses pupilles sont dilatées, tantôt par l'ignoble larcin de l'ado débile son rectum est irrité... Les talons de ses chaussures noires ont maintes et maintes fois frappé le carrelage tandis que la peur au ventre il allait vérifier l'authenticité d'un gros billet, les multiples cartes d'identité d'un gros payeur, ou les frasques maladroites du gros voleur... En vain... Car comme son nom l'indique, le Far-West c'est loin !!! Nulle aventure extraordinaire ne l'attend, alors de temps en temps, il s'en invente...

Au détour d'un instant fugace, son attention est attirée par la douce et stridente alternance des alarmes de portiques de sécurité. Tandis que la cliente affolée soutient "qu'elle n'a absolument rien volé" à une caissière qui aurait très bien pu se passer de cette réplique du "Top 10", le vigile se précipite alors, avec lenteur et professionnalisme, vers le lieu du crime, prêt à accomplir une tâche qu'il connait bien. A l'instar de nos amis des DOM-TOM, l'agent de sécurité pratique la nonchalance avec une classe et une dérision comportementale qui lui est propre, il n'en reste pas moins qu'il connait très bien chuck norris, et que par conséquent c'est avec la grâce du jaguar qui a la dalle, avançant en direction de sa proie un jour de grève des bouchers, que l'agent imite la démarche du "Texas Ranger", s'approchant lentement de la caisse, pour ne pas créer de mouvement de panique parmi les clients les plus fragiles psychologiquement. C'est la règle. Point de panique inutile.
Bien avant sa couleur de peau, c'est son accent "coupé-décalé", "Jeu de jambe Papi!" qui trahira la chaleur de ses origines, lorsque comme à son habitude il demandera au client ayant déclenché l'alarme de "repasser entre les portes". Le client s'exécutera. Toujours trop vite. 2008 et pourtant, les portiques de sécurité partent encore en vrille pour un lacet mal fait et le client ne comprend toujours pas la règle élémentaire: Avant de repasser, il doit attendre la fin de la musique et des gyrophares. RAS. Pas d'alarme au deuxième passage, le client est "clean". Notre agent aimerait porter le doigt à son oreillette comme Jean-Luc Delarue pour signaler à ses collègues que la situation est sous contrôle, ça lui donnerait un peu l'impression d'être dans un épisode de 24 heures chrono, mais non seulement c'est inutile, mais en plus il n'a pas ce genre d'oreillette... Comme le rêve a ses raisons que l'utilité ignore, pour se faire un kiffe, il va quand même, de temps en temps, mimer le geste et prononcer dans l'air quelques paroles façon GIGN, histoire d'en mettre plein la vue à une étudiante qui passerait par là...

99% des interventions des agents de sécurité se font en mode "Bluetooth", genre zéro contact physique avec le client. Mais alors, me direz-vous, pourquoi avoir attaché tout en haut cette image d'un agent de sécurité palpant un pauvre monsieur à qui le port du bouc va si bien?? Probablement pour le délire, ou parce que c'est tout ce que j'ai trouvé (arf...). D'ailleurs, ce que l'image ne dit pas, c'est qu'ensuite, au détour d'une chambre noire, l'agent va procéder à une fouille anale des plus humiliante, façon Jules Verne, afin de détecter la présence éventuelle de coupe-ongles, parpaings, couteaux, et autres matériaux explosifs ou de construction que le passager aurait pu ingérer par le bas à la manière d'un suppositoire.

Ouais c'est devenu la merde de prendre l'avion...

à suivre...

Vous consommez, Nous encaissons.

CLiEnt SUivAnT !

Ps: Oui, j'en suis conscient, j'étale en l'espace de quelques lignes la plus grosse collection de clichés à l'ouest du Mississipi, mais voyez plutôt cela comme un cas particulier qui s'est présenté aux yeux émerveillé d'un étudiant à la vie glauque et morose...
Big up à nos compatriotes des DOM-TOM et d'ailleurs, et gros respect à nos amis agents de sécurité, et ce, quelque soit le trottoir ayant hébergé leurs premiers pas, la destination imprimée sur leur billet d'avion estival, ou encore la nature de leur relation avec la langue française...

Voyage, Voyage... (2)

Toujours la même galère. On est pour, on est contre, au final, dans cet océan urbain hostile et dé-fiscalisé, il faut bien trouver à nos amis du voyage un endroit où accoster. Pas simple pour eux de dénicher "le" terrain vague où ne règne pas déjà la malaria, la grippe aviaire ou le virus ébola, et qui accueillera sans encombre la dizaine de caravanes du convoi. Et lorsqu'après des semaines de vadrouille à cambrioler côtoyer les aires d'autoroute, ils s'installent enfin, on use souvent de tous les stratagèmes possibles et imaginables pour les expulser, les mettre dehors, les éjecter, les renvoyer...
Mais de quoi a-t-on peur au juste??? Eh bien comme d'habitude, les clichés ont la vie très très dure!!! Un camp de gens du voyage à proximité d'un quartier, et c'est la chute libre des prix de l'immobilier, accompagnée d'une foudroyante déstabilisation de l'économie locale: Banqueroute et dépôt de bilan de toutes les entreprises de réparation de chaises en paille (la concurrence est trop rude), +210% de création d'entreprises de vente et d'installation de systèmes d'alarmes, -90% sur le prix des appartements en rez-de-chausée, -120% sur les duplex en rez-de-jardin (oui, ça ne veut rien dire), pénurie soudaine de certains produits, +100% sur les sacs à main, +50% sur les sabots en bois à semelle compensée provenance Roumanie avec double renfort en titane, +300% de faux billets dans les caisses de Yollande la boulangère (un 500€ pour une baguette ça sentait l'arnaque...), +225% de chèques sans provision dans les mains de Robert vendeur d'accessoires pour caravanes, Louise et Jeanine, caissières chez Franprix, ont été formées, et pourtant, +40% d'apparition soudaine et inopinée de billets d'une valeur faciale de 1500€ avec Dora l'exploratrice en filigrane (ça aurait dû leur mettre la puce à l'oreille...)
Dur... Dur de s'installer quand les clichés s'accrochent, tels les morpions propriétaires squattant le pantalon bicentenaire de "dédé", employé SDF chez Pizza12...
D'ailleurs, dur, ça l'est d'autant plus lorsque dans leur recherche, la terre promise doit se trouver à proximité à la fois d'un point d'eau (bouche d'incendie, arrosage municipal...) mais aussi du "Point Info" d'un centre commercial, composante indispensable à la prospérité du groupe, et à la survie des estomacs. En effet, tenant souvent lieu d'annexe du camp, l'hypermarché a une importance capitale. Il est le lieu de prédilection, l'endroit où l'on rôde, l'endroit où les sabots s'érodent, l'endroit où les esprits s'évadent... Mais c'est surtout le terrain où la pratique s'applique, et les techniques s'affutent... La caissière est là, la caissière voit tout, souvent la caissière ne dit rien, mais plus tard, au détour d'un blog, la caissière racontera... Mais ce moment n'est pas encore arrivé...
Pour l'instant, parlons un peu de cette ville...

Au détour d'un soir de mars, ce sont une vingtaine de véhicules qui débarquent sur le terrain de rugby du parc nord. 27 000 habitants dans la municipalité, 256 415 Lettres sur le bureau du maire le lendemain de la crémaillère. Les riverains ne sont pas contents. Dans leur veines circule la crainte du cambriolage, la peur de l'étranger, la xénophobie du nomade... "Mais comment font-ils pour s'acheter les derniers BM, et les tous derniers Merco ?", "En tout cas ils ont souvent des liasses de billets...", "Et me dit pas qu'ils arrivent à faire ça en rafistolant des chaises???", "leurs roulottes doivent surement être remplies de matériel Hi-Fi et de Kalachnikov"...

Un village se crée, les transats se déploient, les barbecues s'improvisent, les fils se tendent, le linge s'étend, les manouches se détendent et les riverains se crispent! La cohabitation a lieu pour le meilleur et pour le pire, et le crash économique attendu tarde à se produire...

Deux semaines se sont écoulées, pas de problème notable ou d'incident à déplorer, mais cette présence non autorisée commence à bien suffire, et malgré les avertissements, les gitans sont toujours là. Matraques et calibres à la ceinture, ce sont donc les forces de police qui interviennent. Mais très vite, les fesses font bravo. La motivation avec laquelle ils ont l'habitude de contrôler Mohammed et Rachid semble avoir pris un congé très sympathique lorsqu'il s'est agit de titiller la quiétude du gang des réparateurs de chaises... L'uniforme est apeuré, les policiers tournent les talons. Puis ils reviennent peu de temps après accompagnés de la lance à incendie de leurs collègues sapeurs pompiers. A la manière des détenus du quartier de haute sécurité de la prison d'Alcatraz, 6 bars de pression sont propulsés dans la gueule des squatteurs, les femmes et les enfants d'abord, les hommes et les fusils à pompe par la suite... Tout le monde y passe.
Après avoir allègrement saupoudré d'affection chaque centimètre carré du squatt, le terrain des taquineurs du ballon ovale sur lequel nos amis se sont installés n'est plus qu'un gros tas de boue. Au mieux, il pourra servir de ring pour les prochaines rencontres intercommunales de catch féminin, organisées par l'amicale des ornithologues de la ville en association avec les "ni putes ni soumises".
Tout le monde le sait, chaque manouche, gangster s'il en est, cache un arsenal militaire conséquent dans sa caravane. Mais ce jour là, peu de résistance de leur part. Pas de bain se sang, juste un bain de flotte. Douche gratuite, éléphant bleu gratis, ils ont bu à l'œil... Aucune raison de s'énerver...

Le terrain étant devenu totalement inhabitable, en moins de temps qu'il n'en faut pour déplier une tente Quechua, le camp est levé, le convoi s'envole...
Un rocher sera greffé à l'entrée du parc pour que plus jamais ne se produise l'innommable, l'abominable, le scandaleux... l'incursion en territoire civilisé d'une troupe de guitaristes roulant en grosses cylindrées, heureux propriétaires d'une entreprise de réparation de chaises en paille...


Vous consommez, Nous encaissons.

CliEnt SuIvaNt !

Sourire

Un Lundi, 13h00. Dans le magasin c'est "ground zéro". Les clients ont déserté les rayons. Les estomacs affamés associés à la mort prématurée du pouvoir d'achat n'ont épargné personne. En caisse -10 articles, une caissière se ronge les ongles en attendant un hypothétique client qui, en arrivant à sa caisse, lui soutiendra qu'elle s'ennuyait, ou, au mieux, qu'elle se cachait (hmmm...). Il sera le 14ème en 2 heures (portant le compteur à 462 pour l'année), à balancer à la caissière "La" réplique qui finira de dérouler le rouleau du ras-le-bol. La pauvre femme cherchera alors un objet tranchant à sa portée pour se taillader les veines. En vain. Elle finira par sourire au client tandis qu'elle jettera un coup d'œil furtif sur son panier pour s'assurer qu'il en a moins de 10.

A quelques mètres de là, en caisses "normales", 2 autres caissières se font face. Idem. Pas de clients. L'une est au téléphone avec une des caissières principales à qui elle mendie le ramassage des paniers, cette activité qui consiste à ramener à l'entrée du magasin les paniers déposés en caisse par les clients. C'est fou comme on devient serviable et plein d'initiative quand il s'agit d'esquiver la caisse... Les paniers ont déjà été fait. Sa collègue d'en face, quant à elle, feuillète le télé-magasine de la semaine suivante. Elle y récupère les derniers ragots, se dit que ce soir elle regardera "les experts", puis lit son horoscope, sponsorisé par l'association des maîtres escrologues, qui lui prédit des rencontres à court terme... Elle a vraiment raison d'y croire. Un client arrive...
Il commence à vider son charriot sur le tapis, et, avec la grâce de l'animal apeuré, il glisse à la caissière un "bonjour" qu'elle n'entendra pas.
- "Non non c'est bon laissez-les dans le charriot! pas la peine de les sortir!"
"Vous avez 2 packs d'eau c'est ça?" --> 2, Quantité, 1019, Entrée. "Et 4 baguettes?"--> 4, Quantité, 2304, Entrée. "ça marche...".
L'eau et les baguettes sont comptabilisées, la caissière case ses fesses au fond de sa chaise. Les premiers "bips!" se font entendre.
Sa collègue d'en face, qui n'en a pas fini avec le téléphone, se la coule douce. D'ailleurs elle se la coule tellement douce qu'elle arrive, par un procédé fort habile dont nous ne dévoilerons pas les secrets, à faire croire aux clients qui passeraient par là, désireux de payer, que celle-ci est occupée à des tâches autrement plus importantes. Elle arrive ainsi à esquiver un deuxième charriot qui se positionne donc dans la file d'attente de sa collègue qui travaillait déjà...
L'ambiance est électrique, la tension est palpable. L'une des 2 caissières s'active à scanner de la batavia et du poulet rôti alors que l'autre est en plein kiff, à ne rien faire. Entre les deux caissières un regard est échangé, l'aigreur se pointe en force, celle qui travaille ressent au plus profond d'elle comme un indescriptible sentiment d'injustice. Puis un autre charriot s'ajoute à sa file. C'est la goutte de pipi qui fait déborder le sac à caca, elle en a marre, et glisse gentiment aux clients qui viennent de se placer que s'ils le souhaitent ils ont à leur disposition une caisse libre juste à côté où la caissière se fera un plaisir de lâcher son téléphone pour les accueillir, dans la joie, la bonne humeur...
Les 2 collègues se regardent. L'art du sourire hypocrite s'exécute. Sourire ami, sourire aigri, aussi authentique qu'une mamie danse la tecktonik, le sourire est tout de même bien là.

Des gamineries ? Ouais peut-être...

Vous consommez, Nous encaissons.

CliEnt SuIvaNt !

Voyage, voyage...


Peu ou pas de place pour s'assoir, j'étais debout dans ce bus ralliant le centre ville à la zone d'activité. Imitant le reste des passagers, j'avais la tête des mauvais jours. Alors qu'à bout de bras je tenais fermement cette barre verticale qui m'empêchait de m'étaler à chaque virage, et tandis que sous mes narines dansaient les fragrances naturelles de quelques individus qu'une bonne journée de travail avait rendu malodorants, je remarquai une petite fille qui regardait avec émerveillement défiler le paysage. Parmi le flot de questions qu'elle soumettait à une bienveillance maternelle, en vint une particulière, qui allait manifestement forcer la mère à mentir à sa fille:
- Maman, c'est quoi ça ? c'est des gens en vacances qui font du camping ?
- euh.... Oui ma chérie... c'est ça....

Etait-il trop tôt pour que cette petite fille apprenne que vit parmi nous une population de nomades qui se déplace en caravanes? N'était-il pas l'heure pour elle de connaître l'existence de ces personnes dont la réputation n'est pas des plus reluisantes?

En tout cas, une chose est sûr, si un jour elle devient caissière, elle en apprendra un rayon sur les gens du voyage...


Samedi matin. Il est 10h00. Le magasin est déjà blindé, et après moins d'une heure de caisse, on me donne déjà ma pause. Du monde qui rentre mais personne qui sort, le rush est pour plus tard, le moment est idéal pour distribuer aux caissières les minutes de repos qu'elles n'ont pas encore eu le temps de mériter. J'ai 3 heures à faire ce matin là. Ce qui aurait été cool, c'est la pause au bout d'une heure et demi. Mais tant va la cruche à l'eau qu'à la fin elle se pourfend, faut pas déconner, on discute pas les ordres tant qu'on a pas 4 ans d'ancienneté! Quand on en a que 3 et demi on ferme encore sa bouche et on va prendre ses 9 minutes de pause avec le sourire (à base de 3 minutes par heure, faites le calcul). La salle de pause est à 3 minutes à pieds, l'aller retour prend donc 6 minutes... pas rentable... Alors bon tout ce qui reste à faire c'est de rejoindre la sortie du centre située à 30 secondes et d'allumer une cigarette... pas pratique... car non fumeur... (des fois on songe à s'y mettre).
Alors on erre, sans but... en attendant que "le temps" passe...
Ce jour là, j'ai erré jusqu'à l'entrée du magasin. Vous savez, là où le monsieur vous interpelle et vous demande de venir faire agrafer vos sacs.
J'ai à peine eu le temps d'entamer une conversation sur l'équipe camerounaise avec celui qu'on appellera Roger, qu'il baissa rapidement la tête. Avec la discrétion d'un éléphant dans un couloir de porcelaine, il agrippa le micro qui était accroché sur le col de sa veste de costume noire et prononça quelques mots avec un accent bien du sud (traversez donc la méditerranée) :
- Y'a les voleuses qui viennent de rentrer dans le magasin...

Les sabots sont de rigueur pour ces 3 jeunes filles qui viennent de franchir les portiques de l'entrée. Visiblement, elles sont connues des services de sécurité. Roger me le confirme. "Des virtuoses de la prestidigitation de code barre". S'il était allé au bout de ses études, ou qu'il avait eu 3 grammes d'alcool dans le sang, c'est certainement en ces termes que Roger m'aurait décrit ces reines du chapardage, qui s'enfonçaient peu à peu dans la masse des clients, tandis que les caméras commençaient leur lente rotation...
Roger se sent bien. Il a fait son travail. Le reste de l'opération de surveillance se passera à l'abri des regards, sur quelques obscures moniteurs...
La conversation se poursuit, le Cameroun a quand même une bonne équipe...

à suivre...

Vous consommez, Nous encaissons ...

CLiEnt SUivAnT !

C'est votre dernier mot ?


Vous avez déjà croisé Jean-pierre Foucault dans la rue ou ailleurs? Non? Et si vous le croisiez, à part l'insulter, qu'est ce que vous lui diriez? "Espèce de gros batard!!!"? mais à part ça, qu'est ce que vous lui diriez? "Enc*lé!!"? "Fils de chien!!!"? Mais à part ça? Vous lui demanderiez si "c'est son dernier mot"(ah! quand même!)? A votre avis, combien de fois lui a ton déjà posé cette question? Allez, soyez pas timides, donnez un chiffre entre 1 et 100 milliards. Et si on lui avait donné 1 roupie à chaque fois? Ne serait il pas multi-milliardaire en euros plutôt que simple millionnaire à l'heure qu'il est? Quelle sensation lui procure chaque nouvelle fois que reviens à ses oreilles cette phrases devenue très lourde pour lui, culte pour les autres ? Pourquoi montre-t-il un sourire niais qui dénote l'envie d'homicide à chaque fois qu'un fan hystérique crois être le premier à dire à son idole "c'est mon dernier mot Jean-Pierre"?
Parce que ça saoule à mort !!!

A quelques euros près, pour les caissières, le drame est le même !
La caissière est star du showbiz et le client est anonyme. Schéma identique. Toutes les conditions sont réunies pour faire exploser les compteurs du monotone!

Parce qu'il faut le faire, et que vous le valez bien, voici un classement des plus belles répliques client. Ces phrases qui font chaque jour le bonheur de milliers de caissières et de caissiers à travers le monde(classées par fréquence d'apparition. Peut changer suivant le magasin):

Du client à la caissière
1- Vous êtes ouvert(e)? / Je peux venir à votre caisse? (c'est étrange une caisse où il n'y a personne)

2- Vous vous ennuyez / vous êtes au chômage / vous voulez pas travailler / personne ne veut venir à votre caisse / Vous m'attendiez ? J'vais vous faire travailler !

3- J'ai pas la carte. Est-ce que je peux venir quand même / Payer en carte bleue? (à une caisse "carte Passe-passe". oui, des fois on accepte. Néanmoins, une caissière dans un mauvais jour vous dira "f..k !")

4- J'ai 12 articles, est ce que je peux venir quand même (à une caisse "-10 articles")

5- C'est fou le monde qu'il y a aujourd'hui! (quand on joue il faut s'attendre à perdre)

6- Ah bon c'est à peser ça? / J'ai oublié de peser mes légumes. Je peux y'aller ?/ je ne les prend pas. (eh oui! aussi invraisemblable que cela puisse paraitre, les clémentines en vrac sont à peser!)

7- Je suis pas prioritaire/j'ai pas de carte prioritaire, est ce que je peux venir quand même ? (à une caisse prioritaire)

Ô bonheur !!!
Les réponses à ces différentes questions ou affirmations peuvent changer d'une caissière à l'autre. Souvent on peut se contenter de serrer les fesses et de répondre imperturbablement "OUI" à tout, mais c'est pas drôle. C'est pourquoi je vous donnerai ici les réponses les plus incisives, les plus méchantes, qui, soyons francs, sont loin d'être minoritaires. Et puis ça fait toujours plaisir.

De la caissière au client
1- Si j'suis là, c'est que je suis ouvert(e)! / à votre avis? / Moi non, mais ma caisse oui !
2- Non, je m'amusais bien jusqu'à ce que vous arriviez ! / non je suis pas au chômage mais c'est bien connu je suis payé(e) à rien faire! / qu'est-ce qui vous fait croire que je m'ennuie ?
3- NON ! désolé(e)... / Vous voyez ce qui est marqué sur le panneau ? /
4- C'est une caisse -10 articles ! 12 c'est pas 10 !
5- Si vous vous n'étiez pas venu faire vos courses, vous seriez déjà moins nombreux !
6- ...
7- Cassez-vous une jambe et revenez !

Bien sur, toutes ces répliques sont prononcées avec le sourire sur le ton de la rigolade, parfois avec un maximum de mauvaise foi, mais toujours avec un brin d'agacement de part et d'autre du scanner...

Hors classement, on trouve ces nombreuses blagues que les clients sont persuadés d'être les premiers à prononcer, alors que cromagnon l'avait surement déjà fait en son temps:
- Aujourd'hui on paye pas, c'est ça? Aujourd'hui c'est gratuit?
- Je ne peux pas payer avec ça? (disent-ils en brandissant leur carte vitale, parfois leur carte de fidélité ou une carte d'un autre magasin...)
- ...

On pourrait aussi parler de ces phrases légitimes que le client prononce en toute bonne foi, mais qui suscite la même indifférence chez nos amis de la caisse:
- Pourquoi vous faites vérifier mes billets ? je viens de les retirer du distributeur!!! S'ils sont faux c'est de la faute à ma banque!!!
- Pourquoi il vous faut une pièce d'identité? j'ai de l'argent sur mon compte!!!
- ...

Bref... les délires tournant autour de toutes ces petites phrases ne manquent pas. Et on pourrait aussi évoquer tous les échanges caissières/clients que provoquent: les cartes bleues qui ne passent pas (muettes, refusées...), les chèques "rouges"(sans aucun rapport avec l'ex-bloc soviétique), ou encore les portiques de sécurité qui s'excitent...
Mais demain est un autre jour... Et pour garder la forme, rien de tel qu'on bon footing...


La répétition tue, mais comme d'habitude,
Vous consommez, Nous encaissons.

CliEnt SuIvaNt !

Caisse "moins de 10 articles" ? Et si j'en ai douze ?

Vous êtes pressé, vous avez absolument besoin d'acheter ces quelques produits qu'il vous manque et dont vous n'avez absolument pas besoin, les potes réclament le pack de bière, une soirée galère se profilant vous sentez le besoin d'acheter un DVD, et les grosses courses de la semaine peuvent attendre ? Vous prenez un panier à l'entrée du magasin (quand vous en trouvez un), vous parcourez les allées de votre hypermarché et, comme si c'était possible, vous n'allez acheter que le stricte nécessaire, ce pourquoi vous avez sauté dans votre voiture avec précipitation.
Vous vous empressez de piocher vos différents produits dans ces rayons carrelés que vous connaissez désormais par cœur, puis vous vous dirigez vers l'endroit du magasin où l'on a l'habitude d'agresser vos capacités financières...
Quelles que soient vos raisons, vous avez ou croyez avoir entre les mains ou dans votre panier 9 ou peut être 10 articles, et vous savez que votre magasin, qui vous aime, a spécialement aménagé pour vous des caisses spéciales, réservées aux petits acheteurs ! Quel bonheur !
Bienvenue en caisse "moins de 10 articles" !!

Dans le jargon, on les appelle aussi "moins (de) 10", "Caisse moins (de) 10", ou encore "caisse rapide". Bref, peu importe le nom qu'on leur donne, elles sont là pour vous faciliter la vie lorsque vous visitez votre magasin favoris pour acheter peu tout en payant quand même beaucoup. (Ô magie des hypermarchés, quand tu nous enchantes de ton implacable logique!) Ces caisses sont bien pratiques puisqu'elles vous permettent de sucrer votre porte-monnaie ou d'irriter votre carte bleue en un temps record (les chèques ça prend du temps ! à éviter d'urgence !!!) Mais pour inscrire votre passage dans le Guiness book, encore faut-il qu'il n'y ai pas 45 clients devant vous! Autant de personnes qui, comme vous, vont passer leur temps à penchez leur tête sur le coté tout en se demandant pourquoi c'est si long? Autant de personnes qui, peut être comme vous, vont payer en carte bleue et se créer des soucis en se demandant s'il y a un montant minimum pour ce type de paiement. Autant de personnes qui, comme vous, vont à moment ou à un autre se dire qu'un des client qui le précède à visiblement plus de 10 articles, c'est scandaleux!!! Autant de clients qui, comme vous, vont probablement passer à une caisse "moins de 10 articles" avec PLUS de 10 articles !!! Donnant ainsi lieu à un déluge de dramaturgie des plus rafraichissants...

Mise en situation
Caissière manifestement en pleine crise hémorroïdaire / Client visiblement dans son droit le plus abjecte:

La caissière (en mal d'amour):
- Monsieur, vous avez plus de 10 articles...

Le client (extatique):
- Mes 5 paquets de riz ne comptent que pour un seul article!!! et avec les autres, ça fait 10!

La caissière (qui n'a rien compris):
- Ah non monsieur, c'est une caisse "moins de 10 articles"!!!

Le client (il a la rage mais comment rester sage?)
- D'habitude la caissière me les compte comme un seul article quand j'ai plusieurs fois le même!!!

La caissière (saturday night fever!)
- bah vous avez qu'à passer à sa caisse!!! mais moi je peux pas vous accepter sinon j'accepte tout le monde...

Le client tourne les talons. S'il a du temps et de la chance, il aura confirmation de sa première intuition à l'accueil du magasin. Il est pressé, mais reviendra tout de même voir la caissière pour lui cracher à la figure une vérité qu'elle va s'empresser d'oublier dans la seconde... les habitudes ont la vie dure...

Autre scénario
Caissière en accord avec son karma / Client altesse sérénissime

La caissière (bientôt la pause)
- Monsieur, vous en avez bien plus que 10.

Le client (il en a 22)
- Allé ça va j'en ai 12!!!

La caissière (elle n'a pas son diplôme en physique nucléaire mais elle en compte bien plus)
- euh .... je ne crois pas monsieur ...

Le client (Insolence, par Christian Dior)
- Allé madame c'est pas grave!! ça tient dans les paniers, c'est que c'est bon !!! Ou bien dites moi plutôt que vous avez pas envie de travailler!!!

La caissière (Diplômée ès patience)
- C'est pas correct pour ceux qui attendent derrière vous et qui ont moins de 10 articles!

La caissière finit par accepter le client qui va, en récompense de sa bravoure, la noyer sous une pluie de petite monnaie qu'il mettra 5 minutes à sortir, et elle, 10 minutes à compter...

Alors bien sur, à cette caisse (comme d'ailleurs à toute les caisses du magasin), tous les coups sont permis !!! Freestyle oblige, vous avez peut être déjà croisé une caissière d'hyper qui vous as juré qu'elle n'était pas en mesure d'accepter votre carte bleue pour un montant inférieur à 1 euro (vous rigolez ou quoi ?)... ou encore une autre qui, dans un manifeste moment d'égarement probablement dû à un accroissement de l'apesanteur, a accepté à sa caisse rapide un charriot plein à craquer, provoquant l'indignation d'une ribambelle d'individus lambdas qui passaient par là... ou encore avez vous peut-être été victime d'une hôtesse de caisse au zèle d'acier inoxydable qui vous a renvoyé chez votre mère pour 1 article en trop... Que du bonheur en somme !

En bonus, pour finir, sachez que "caisse rapide" rime souvent avec "flot continu de clients avides" ! Une journée passée à cette caisse magique, et ce sont pas moins d'une centaine de clients(200? 300?) que voit défiler l'hôtesse, les yeux remplis d'un vide que le banal et la répétition rendent plus profond que la faille de San Andreas... Multiplication des "Bonjour", inondation de "s'il vous plait", déluge d'"au revoir"... A mesure que défilent les visages, en bout de caisse s'entassent les paniers, formant bientôt une pile suffisamment haute pour cacher aux yeux de la caissière une file d'attente qui semble dépasser l'horizon du rayon surgelé...
Finalement, pour casser une routine à l'épreuve des balles, peut-être bien que tous les incidents sont les bienvenus...
A ce propos, êtes vous bien sûr d'en avoir moins de 10 ?

Vous consommez, Nous encaissons.

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