Carrefour est pour, Auchan méchant, Leclerc persévère... Tantôt jolies, tantôt aigries, les caissières de votre hypermarché favori vous inspirent de la pitié, du mépris, de l'indifférence? Vous vous demandez si les "bip!" de la journée résonnent dans leur tête la nuit? Vous vous en foutez? Vous voulez en savoir plus? Sont-elles payées à ne rien faire? Que font-elles lorsqu'elles ne font rien? et Pourquoi une des roues du charriot dit "f*ck!" aux trois autres? Que vous a-t-on caché sur ce que vous savez déjà? Sur vos habitudes? Etes-vous un vrai client? Vous pensez tout connaitre sur l'univers extraordinaire du scanner aux multiples rayons lasers? Vous faites très bien la différence entre une batavia et une scarole? Alors faites chauffer la carte bleue, feuilletez votre chéquier pour vous assurez qu'il vous en reste quelques-uns, détachez votre caddie de celui qui le précède, et préparez vous à déchanter comme jamais vous n'avez chanté! Avec vos yeux, vos oreilles et le bout de vos doigts ! Passez donc du côté obscure de la caisse, où rêve et réalité vivent en harmonie comme le salade-tomate-oignon d'un sandwich kebab... Parce qu'Internet le vaut bien et que le monde part en vrille, un ex-caissier aux chromosomes XY vous fait découvrir ses chroniques complètement à l'ouest! Suivez le guide!
Non non, les hypermarchés qui diffusent de la musique d'ascenseur ça n'arrive qu'aux States'. Pas de ça chez nous. Oh que non! A la place, le PC sécurité (qui était aux platines) nous diffusait une compilation des meilleurs titres pop-rock-dance des 20 années précédentes. Même l'agent Roger, membre de l'unité tactique camerounaise de surveillance rapprochée de l'arrière caisse (le vigile quoi), m'a déjà fait remarquer que "L'acoustique d'un grand magasin, c'est assez particulier. Rien de tel que la magie des harmoniques ricochant d'un rayon à l'autre comme un galet sur le lac, ou l'étrange parcours de ces accords frappant les bacs à surgelés pour nous revenir ensuite aux oreilles imprégnés d'une fraicheur juvénile naissante, lorsque la puissance des alizés de nos...", me disait-il. Et là, je l'ai laissé dans son délire. Je me suis éloigné... Durant les quelques moments d'inactivité perdus ça et là au beau milieu de mon "service" agité (magasin désert), après avoir épuisé les occupations habituelles (jouer avec le magnétisme de la machine à antivols, feuilleter le magazine télé, balayer l'horizon autour de moi à 360 degrés à la recherche d'un regard complice, ...), il m'arrivait souvent de me lever de ma chaise, de quitter ma caisse un instant pour profiter de cette musique qui résonnait dans l'air en tapant quelques pas de danse bien sentis. Le temps de faire rêver la foule en performant un moonwalk sur du johnny hallyday, et j'étais retourné à ma place... 10 numéros de téléphone en poche... La Classe!
En fait non, chui un mito. Je restais collé à ma caisse, scotché à ma chaise, comme un miséreux, et histoire de prolonger la magie de cet instant "sans clients", je m'adonnais à faire ce que toutes les caissières savent si bien faire: feindre l'occupation. Ou comment faire croire au client qu'on est pas disponible, qu'on fait autre chose, qu'on nettoie notre caisse, qu'on répond au téléphone, qu'on a mal au ventre, qu'on a envie de vomir, ou qu'on est sur le point de partir... En général, avec cette technique, le client, perplexe, passe son chemin et choisit plutôt la caisse suivante... YES PAPA ! Ça marche !
Bien sûr, vous connaissez la chanson, Vous consommez, Nous encaissons.
cLiEnT SuivAnT !
PS: Si une caissière qui vous dit qu'elle préfère avoir des clients à ça caisse, arguant qu'ainsi le temps passe plus vite, n'en croyez pas un traitre mot. Elle adore qu'on la laisse tranquille la bougresse... Mais c'est comme ça qu'on l'aime...
14h50. Tout au bout de la ligne de caisses (loin.. loin...), à coté de l'endroit où l'on vous vend les bouteilles d'eau par pack de six, Les litres de jus d'orange par briques de deux, là où un dénommé coca-cola règne en maitre, pas loin du trou des fesses de l'hypermarché, endroit décrit par les intimes comme étant "le bout du bout du désespoir des caissières exilées", pas de caissière en vue et pourtant c'est là que dans une indifférence absolue, probablement semblable à celle dont souffrent actuellement les populations abandonnées des quatre coins du globe, le tapis de la caisse n°1, dans un ronronnement qui lui est propre(caractéristique du tapis sale), entame doucement sa deuxième heure de rotation non-stop. Tel un taxi qui tournerait toute la journée sans prendre un seul client, depuis de longues minutes, celui-ci s'active tant bien que mal à faire avancer du vent. Mistral, Tramontane, même combat... On a manifestement oublié de l'éteindre... Deux heures et demi plus tôt, bouclant la journée de dur labeur d'une caissière au bord du gouffre, la dernière cliente à avoir posé sa marchandise sur la bande de caoutchouc rotative de cette caisse en orbite, n'avait pas eu la présence d'esprit de vérifier l'intégrité de chacun des œufs du paquet qu'elle avait choisi. Le tapis a morflé sévère. La cliente, quant à elle, s'en rendra compte en rentrant chez elle (l'œuf cassé terminera à la poubelle. ça aurait pourtant fait une belle omelette...). 2h30 se sont écoulées depuis l'incident. Anodin pour le commun des mortels, il fût dramatique pour notre très indispensable tapis de caisse qui continue à tourner dans le vide. Le blanc d'œuf a séché. Une tache, grosse comme l'état du texas, rappelle toutes les 30 secondes à la terre entière(1 minute pour que le tapis fasse un tour complet), que malgré la note hebdomadaire déposée en caisse centrale à la portée des yeux fatigués du personnel, la caissière est partie sans nettoyer son poste de travail. La looze. La plupart des caissières préfèrent nettoyer leur caisse à leur arrivée afin de perdre un maximum de temps et ainsi retarder l'échéance du début de l'engrenage infernal des rafales de SBAM (Sourire, Bonjour, Au revoir, Merci). CQFD.
A 80 mètres de là, à une autre caisse, sous le regard attentionné d'un mari tenant au bout des lèvres un demi cigare éteint, dont on devine qu'il tient en place par un savant mélange de bave séchée et de poudre de racines de manioc, Madame TOC sort la marchandise du charriot, et organise ses articles sur le tapis avec la minutie d'un horloger suisse, la précision d'un chirurgien du cerveau, et la psychose schizophrènique d'un Hannibal Lecter à qui on viendrait d'arracher un à un tous les poils du nez pendant qu'il était forcé d'écouter l'album de Vita... Flippant! L'heure est grave, le geste est précis. Si Madame TOC était dans le Hip-Hop elle serait certainement en train de bouger sur un son de DJ Abdel, la tête en bas, effectuant une coupole à 1080° en traçant un cercle parfait à l'aide de l'index de sa main droite. La classe !! Mais Madame TOC ne sait pas danser. Au lieu de ça, sur le tapis de caisse, ses 2 rouleaux de pâte feuilletée sont parfaitement parallèles et redoutablement perpendiculaires au paquet de céréales collé juste derrière, lui-même en phase avec le riz et les pâtes, qui forment un triangle isocèle avec le ketchup et la mayonnaise. Bizarre ??? Sous le regard impassible d'un Monsieur Cigare au summum de l'inexpressivité, Madame TOC est en train de sombrer. Madame TOC déteste le désordre incontrôlable qui règne dans un filet de babybel, ça lui donne l'impression de perdre le contrôle. Elle n'en achète pas. En revanche, elle sait que la largeur du tapis de caisse permet de faire tenir côte-à-côte 4 camemberts Président, laissant de part et d'autre 2 cm de tapis, intervalles dans lesquels elle peut placer 2 paquets de bicarbonate de soude de marque "premier prix", pour finalement ne laisser qu'un demi-millimètre d'espace inoccupé. Pas mieux. Pour l'instant. Le délire ne prend fin que lorsque Madame TOC peut constater, prorata temporis, que les produits disposés sur le tapis forment une figure géométrique parfaitement symétrique, en accord avec l'alignement des satellites de vénus et de jupiter, et en harmonie avec le nombre de lettres formant la déclaration du protocole de Kyoto sur les gaz à effet de serre.
Madame TOC et Monsieur Cigare viennent faire leur courses tous les samedis, et chaque samedi, sans que personne ne s'en apercoive, dans l'intimité de ce couple de quinquagénaire et sous la fascination d'une hôtesse de caisse médusée au delà du réel, la magie opère... Et David Copperfield est un sacré charlatan...
Bref, les années passent, les regrets restent, les gens du voyage voyagent, Monsieur Cigare est toujours fidèle à son cigare, et Madame TOC à son magasin... Car les tapis de caisse n'ont pas toujours la même taille.
Un bon délire pour les dentistes (jackpot mon pote!), mais la méga loose pour tous les autres!!! Mais ouais vous savez, quand on déballait le machin et que pendant qu'on mâchouillait une espèce de caramel dont on gardait toujours la moitié sur les dents 1 heure après l'avoir terminé, on kiffait la blague carambar(l'humour avec un grand H) mais 1 fois sur 2 on avait les nerfs un truc de fou quand on se rendait compte que sur le papier au lieu d'avoir 2 blagues complètes, on avait 1 demi blague (seulement la chute), puis 1 blague entière (bizarrement écrite par un gamin de 4 ans!?!?) et, pour finir, 1 blague sans la chute... Le drame! Toujours signées par des enfants avec des prénoms au summum de la banalité (Jean, Pierre, Jean-Pierre) et des âges plus qu'improbables (1 an, 2 ans, 6 mois), on finissait, après un long et douloureux processus d'abnégation de sa propre personne, par essayer de deviner le début de la blague du haut et la chute de celle du bas... super relou...
Vendredi, 21h03. Plus qu'une heure de caisse. 1 quart de tour à gauche, 1 quart de tour à droite. Pas grand chose à faire, à part me dorloter sur ma chaise et apprécier la musique de la galerie, où tourne en boucle une espèce de compil Dance que tout le monde sur la ligne de caisse connait par cœur, à force de l'entendre. Ça fait bien 6 mois qu'ils ont pas changé ce putain de CD(désolé!). En temps normal, pendant les rushs, la délicieuse mélodie, sous-titrée "suicide collectif", est complètement couverte par la superposition des "bip!", les roues qui grincent, les enfants qui pleurent, les animateurs qui se la jouent Philippe Risoli, les gens qui ralent, ceux qui savent pas siffler mais qui sifflent quand même, et ceux qui disent qu'on paye trop d'impôts... Mais passé 19h, l'air devient respirable, la nature reprend ses droits, la caissière glande enfin (donnant ainsi raison à au moins 2 ou 3 légendes urbaines), et c'est parti pour la séance de karaoké en semi-playback, façon oreilles qui saignent, et shakespear qui se retourne...
J'étais tranquille, à attendre le client, en sifflotant un "freed from desire" dans un anglais qui déchire, les autres caissières se tournaient tellement les pouces qu'elles généraient un vaste courant d'air dans la galerie du magasin, et là, sans prévenir, mon job me rattrape. Deux jeunes clientes viennent de faire le bon choix. Pour accompagner leur sachet de carambars, une boite de préservatifs!(ou l'inverse). Miss1 et Miss2 avaient surement la quinzaine, mais, grâce à la puissance d'un style vestimentaire à la Lorie associé à la magie d'un maquillage à 5 euros, elles en paraissaient bien 16!!! En fait c'était le genre de fille qui pense avoir la classe même quand elle pête!!! Le genre de fille qui ignorait que 2 ans plus tard elle bougerait sur du Mondotek!!! Le genre de fille qui kiffe les mecs avec des gros pecs!!! Ce jour là, en passant à ma caisse, elles ont justement trouvé ce qu'il leur fallait... Une boîte de 12!!! Pourtant, c'était pas la première fois qu'un client venait acheter des préservatifs, mais faut croire que là, le coup du je prend un truc à coté histoire de dire que je n'achète pas "que" ça, c'était la fois de trop. Et malgré un effort surhumain pour garder mes lèvres en position normale, vla que le coin droit de ma bouche se la joue solo, à la M. Pokora, et trahit un sourire vicieux... Aussi surement que quand on se couche avec les fesses qui grattent, on se réveille avec les doigts qui puent, ces deux filles là avaient une incroyable répartie... bien kiffante. Du coup, après avoir réfléchit pendant 3 bonnes secondes, elles m'ont lâché un truc du genre: "C'est pas pour nous". Et moi, en gros looser de la vie, "Has been" en devenir, je me suis souvenu de cette réplique des bronzés font du ski: "y'a pas d'mal...". Extraordinaire, n'est ce pas ?
Bref, elles ont kiffé la vibe, et oublié leur monnaie...
Comme d'hab, mais cette fois-ci en maîtrisant l'art du camouflage, Vous consommez, Nous encaissons.
CLiEnt SUivAnT !
PS: Quant à la légende qui consiste à dire qu'il existe des boîtes de préservatifs qui ne passent pas en caisse, c'est faux, faux, archi-faux. Les chefs de rayons réservent 2 heures tous les matins pour scanner une à une toutes les boîtes et s'assurer que ça roule!!!(ils le font, n'est-ce pas?) Comme ça on évite les scènes psychodramatiques et autres humiliations, ces situations où la gêne est tellement puissante qu'on préfèrerait s'être fait pipi dessus... Pourquoi traumatiser les clients et ainsi risquer d'en faire des pervers sexuels ou des tueurs en série, alors que dans ce domaine Harry Potter s'en sort très bien???
Un jour, parmi tant d'autres, se pointent à ma caisse -10 une femme et son petit garçon. Jusque là rien d'anormal, si ce n'est que l'enfant semblait relativement éveillé pour son âge. Il avait l'air d'avoir 6 à 8 ans bien tassés et déjà fusait dans son esprit un soucis de la cohérence et des choses bien faites. Dans les bras de sa maman, une baguette de pain à 35 centimes d'euros dans son emballage plastique breveté, et quelques articles inattendus trouvés ça et là sur le trajet menant au rayon boulangerie (Boule-Pâte pour les intimes). S'approche alors de nos deux amis un monsieur d'une cinquantaine d'années, probablement un ami de la famille, qui entame alors avec la mère une conversation à tendance pseudo-politique. Il a l'air de s'y connaitre, il maîtrise. Il se lance alors dans de grandes envolées lyriques faites de grandes phrases du genre "De toute façon que ce soit Chirac ou un autre..." ou encore "C'est toujours mieux que de se casser un bras...". Jusque là, pas de problème, il ne fait que s'aventurer là où la moyenne des "philosophes de PMU" puisent leur inspiration. Puis, dans un élan de génie lui vient LA phrase! Celle par qui le drame est arrivé! Celle par qui le drame subsiste probablement encore... "De toute façon, comme dirait l'autre, Raffarin tête de chien, Chirac tête de...... euh.... tête de lard...". D'un air désespéré, le gamin, qui a suivi cette conversation 5 étoiles avec la plus grande attention, se met à tirer sur la veste de sa mère, tentant d'attirer son regard. Une fois que celle-ci a baissé la tête, il lui fait part de la supercherie... En effet, il n'a pas échappé à l'enfant que le monsieur, qui a tenté une approche par le nord afin de pénétrer dans le monde très fermé de la satire politique musicale, a complètement raté son coup en cherchant une rime qu'il ne trouva jamais... "Maman, Maman, ça rime pas !!!", lança donc le petit. Triste réalité pour notre philosophe, qui feint ne pas avoir entendu la judicieuse intervention du gamin. Après un moment de gêne, le quinquagénaire poursuit sa conversation... Il ne sera plus jamais le même homme...
Les Caissières en rêvaient, Darko l'a fait !
Ce jeu, hommage à mes belles années chez Carrefour, reproduit à l'identique l'univers des caisses de l'hypermarché, pour donner lieu à des batailles sans merci à coups de code-barres et d'appels prix saisis le plus vite possible !
La course contre la montre est engagée, tous à vos clavier ! PS: Non-caissièr(e)s, abstenez-vous ou soyez très, très patients...